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| Référencement : affordance |
Symptome ou maladie ?13/05/2008 15:53
message récupéré sur une liste de diffusion professionnelle de bibliothécaires (pas biblio-fr, une autre, à l'étranger). le message est un peu long mais il mérite une lecture attentive tant il exemplifie le malaise et/ou le décalage d'une (partie) de la...
message récupéré sur une liste de diffusion professionnelle de bibliothécaires (pas biblio-fr, une autre, à l'étranger). le message est un peu long mais il mérite une lecture attentive tant il exemplifie le malaise et/ou le décalage d'une (partie) de la profession des bibliothécaires. mes commentaires (à chaud, donc un peu sarcastiques et navrés ...) sont insérés en gras et en rouge. - "j'ai constaté depuis quelques mois que je recevais de plus en plus de mails voire d'appels téléphoniques de gens qui avaient trouvé la référence de documents figurant dans le catalogue de notre bibliothèque. serait-ce une mauvaise chose ?? certains souhaitaient pouvoir emprunter ces documents, d'autres étaient des auteurs demandant qui une correction dans la notice, qui proposant l'acquisition de leur dernière publication... d'autres encore étaient des journalistes, des formateurs, etc. bigre ! horreur ! du public ! des usagers !!!
une collègue m'a informé - d'où l'urgence absolue de la formation des bibliothécaires pour éviter le syndrôme de la formation par "on-dit" - qu'on pouvait très facilement chercher un ouvrage directement sur google, en "recherche simple", et que les réponses incluaient des catalogues de bibliothèques possédant l'ouvrage (affichage de la notice). j'ai testé l'opération avec qques ouvrages que nous avons au catalogue, et j'ai effectivement eu des réponses incluant la notice de mon catalogue, ce qui je trouve fâcheux... - vous noterez le possessif "mon" devant catalogue ... plus sérieusement, l'ouverture des catalogues (ne parle-t-on pas d'"opac", open public access catalogue") est une problématique clé sont trop peu de bibliothèques se sont saisies avant que les grands indexeurs ne la rendent opératoire, emportant avec eux l'adhésion du public, tant cette ouverture des données correspond à un besoin et à une attente. quelques dangers de cette situation (et il y en a sûrement d'autres auxquels je n'ai pas pensé) la paranoïa est une composante élémentaire de la psychologie du bibliothécaire : - Être submergé de requêtes ben oui, déjà qu'on va voir arriver de nouveaux usagers, si en plus ils ont des questions ...
- Être harcelé par divers demandeurs inistants (sic) car c'est bien connu l'usager-demandeur est insistant, et en bibliothèque, insister, c'est du harcèlement
- le catalogue étant "transparent", les auteurs de vols tels que celui dont nous avions été victimes il y a quelques années trouveront d'autant plus facilement ce qu'ils cherchent, si les ouvrages sont en
libre-accès, s'ils sont empruntés. autre genre de vol pouvant se dérouler: les ouvrages en libre-accès qui sont épuisés en librairie et chez l'éditeur, difficiles à trouver, même sur internet: on viendra nous les voler en biblilothèque, surtout dans celles non équipées de systèmes anti-vol
comme la nôtre. ne pourrait-on pas imaginer que l'usager-harceleur ne vienne simplement les lire ?? vous pouvez faire le test suivant: vous tappez sur google (en recherche simple) "site:" immédiatement suivi par l'adresse de votre catalogue, sans le "http://www", et sans saisir d'espaces. de cette manière, google fera une recherche sur ce qu'il possède de votre base
de données dans sa propre base de données. il affichera ce qu'il a trouvé comme nombre de notices dans votre catalogue. ce chiffre sera faux, mais en général supérieur à très supérieur au nombre réel de notices que vous avez. cela indique toutes les personnes qui ont obtenu des réponses à leur recherche incluant une notice de votre catalogue, les notices ayant été enregistrées à plusieurs reprises dans la "base de données planétaire" de google. est-ce que vous avez déjà été confrontés à cette situation ? comment y répondez-vous, comment y faites-vous face ? avez-vous eu des problèmes ? prêtez-vous des documents à des lecteurs venant "d'ailleurs" et qui vous demandent par mail un prêt ? ami lecteur qui vien d'ailleurs, retournes-y.
vos institutions qui le souhaitent ont-t-elles trouvé des mesures pour "protéger" leur catalogue de l'indexation que google en fait, même si l'on n'a pas passé d'accord avec le moteur de recherche ? où l'on retrouve exemplifiée la maxime : "leur thésaurus (aux moteurs de recherche) est un thesaurus" (plus d'info parici). de fait, il suffit aux robots de google d'accéder à une notice, pour, par le biais des fichiers liés et des hyperliens, arriver à "pomper", à récupérer et indexer une bonne partie d'un catalogue."
alors ? symptome d'une profession qui ne maîtrise plus la logique d'accès et de service qui fait pourtant son coeur de métier ? simple angoisse crispée et paranoïaque due à une méconnaissance profonde des enjeux ? le message d'un seul ne saurait avoir valeur d'exemple pour l'ensemble d'une profession, mais comme je m'en suis fait l'écho à de nombreuses reprises, ma pratique de formateur (dans le monde des bibliothèques et de la documentation) m'incline à penser que la fracture numérique se creuse. que faute d'être formés aux outils, les professionnels des bibliothèques s'avèrent incapables de les penser en dehors des cadres et shémas préétablis d'une logique bibliothéconomique inflexible et datée, à l'heure de la refonte planétaire d'une bibliothéconomie de masse. et que laisser perdurer cette incompréhension, c'est le plus mauvais service à rendre à une profession qui si elle n'investit pas massivement le transformation en cours, ne verra jamais se réaliser son rêve d'archithèque et laissera dériver ses usagers autarcithécaires. Source : affordance

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